Je suis née en Moldavie puis venue vivre en France en 2000. Je n'y retourne pas très souvent, j'avoue que je n'avais jamais vraiment voyagé en Moldavie et connaissais donc très mal mon pays, j'étais trop jeune. Depuis que j'habite en France je n'y suis retournée que 2 fois, avant maintenant. Après 5 ans d’absence, me voici de retour aux sources accompagnée de deux amis français, qui se sont lancé le défi de « survivre dans le
tiers-monde » pendant 2 semaines. Ce voyage a été très enrichissant, ce pourquoi, j'ai décidé de faire un récit de voyage. Que l’aventure commence !
CHISINAU 12-15 Juillet 2014
Tout
commence quand je propose à mes amis de venir avec moi en Moldavie il y a
quelques mois. Pas beaucoup de volontaires, finalement on sera que 3 à partir.
Mon frère qui devait être de la partie s’est rendu compte que son passeport
était périmé, le jour de l’achat des billets. Je cours à la Fnac et choppe le
dernier (le seul ?) guide sur la Moldavie. Un Petit Futé qu’on appellera
Jean-Paul. C’est le dernier dans les rayons, et le dernier tout court car après
vérification, il n’y aura pas de nouvelles commandes. Je trouve un super bon
plan sur internet, un aller/retour pour 260€, contre les 450€ habituels, mais
avec une heure d’escale à Kiev... Le jour J, notre avion quitte Paris avec une
heure de retard et on court dans l’aéroport de Kiev pour avoir l’avion allant à
Chisinau, la capitale. Une fois atterris à Chisinau on attend nos bagages qui n’arrivent
pas. On attend quand même jusqu’à ce qu’on remarque que les mêmes valises
tournent en boucle sur le tapis roulant depuis un moment. Bref, on remplit des
papiers de perte de bagage, «On vous appellera quand il faudra venir les
chercher, non on n’a pas de service de livraison à domicile» nous dit la dame. A
travers les portes de sortie, je vois ma cousine Aliona qui est venue nous
chercher. Toujours aussi funny, accueillante et excellente cuisinière !
Elle habite la capitale depuis qu’elle commencé ses études sup’ et a récupéré
l’appartement de notre grand-père pas très loin du centre.
Originaire de Gagaouzie, mon grand-père était un écrivain, poète et
professeur de la littérature russe et faisait partie de l'union des écrivains
de Moldavie. La langue Gagaouze était interdite à l'époque. Le dialecte
ressemblait à la langue turque mais s'écrivait en cyrillique. Après la
Perestroïka, il a gagné un concours qui lui a permis d'inventer puis
d'officialiser l'alphabet Gagaouze en lettres latines en 1993. Il a ensuite commencé
à écrire des contes pour enfants et des livres scolaires dans cette langue. Je
suis allée à l'école là-bas et a étudié avec ses livres.
Dans son appartement, son alphabet, son poète préféré et quelques photos
sont exposés sur le mur avec fierté.
Le lendemain Aliona nous fait visiter Chisinau, «la ville aux sept
collines», une chanson très connue disait aussi «Chisinau, ma ville blanche, tu
es une fleur en pierre» et des appellations ce n’est pas ce qui manque pour la
caractériser. Pas grand-chose à visiter réellement à part 2, 3 musées, des
églises et quelques monuments. Il y a en revanche énormément de parcs et une
bonne vingtaine de jolis lacs où on peut se baigner. De ce fait Chisinau est considéré
comme l’une des villes les plus vertes de l’Europe. On visite les principaux parcs,
entre autres le parc Pouchkine, les Jardins Botaniques et Dolina Roz (Rose
Valley). On a évidemment stoppé dans le centre, et sa principale avenue Stefan
Cel Mare, fait le marché central et joués aux échecs avec les locaux. Au bord d'un lac, un couple en train de piqueniquer
s’apprête à partir. L’homme grassouillet et rouge de soleil et (surtout)
d’alcool arrive à peine à tenir debout. Doux Jésus ! En plein après-midi…
bourré jusqu’à la moelle, c’est sa femme qui l’aidera à faire ses lacets, quel
triste spectacle… On harcèle l’aéroport, mais toujours pas de nouvelles de nos
bagages.
Pour manger, les deux chaînes de restos immanquables sont Andy’s Pizza
et La Plăcinte. On s’arrête à La Plăcinte, pour déguster les spécialités
moldaves. Parmi les plats traditionnels on compte entre autres, la Placinte,
une pâtisserie sucrée ou salée, fourrée à plein de trucs genre fromage, herbes,
pommes de terre, viande, cerises etc. (pas forcement en même temps). Et la
Mamaliga, qui est en fait de la polenta (purée à base de farine de maïs) qui se
mange avec de la viande, du fromage maison (une sorte de feta), de la salade et
de la crème fraîche. C’est un peu lourd mais très bon, on prend donc un peu de
tout et accompagne d’une bouteille de vin pas très bon.
C’est dimanche et c’est
aussi la finale de la coupe du monde de football. Des écrans géants sont
installés dans le centre-ville, on se pose là-bas le temps de digérer un peu et
de contempler tranquillement la défaite argentine. Après le match on discute
avec deux garçons très sympas. Il s’avère plus tard que ce sont des voleurs de
voiture sur commande, et qu’ils pouvaient nous avoir une Peugeot 306 pour 800€
si on voulait, vu qu’on est pauvres. Ils nous achètent des glaces et des bières
avant qu’on ne les quitte pour rentrer chez nous, un peu perchés.
Le surlendemain, toujours pas de bagages en vue et ça commence vraiment à
nous faire chier. On traîne encore dans des parcs et des lacs, on chante la
chanson «Katioucha» à tue-tête et on grimpe sur des trucs chelous qui servaient
de funiculaires je crois, pour faire monter l’adrénaline, en baisse depuis
quelques jours.
Le jour suivant, un coup de fil de l’aéroport nous rebooste et on file enfin
récupérer nos bagages ! C’est trop cool de mettre des vêtements propres,
ça fait 4 jours quand même ! Pour fêter ça et pour marquer au moins une
visite culturelle, on va au Musée national d'archéologie et d'histoire de la
Moldavie. On finira la soirée dans un resto un peu Jazzy-Classy-Chicos
référencé chez Jean-Paul mais pas spécialement cher. Le service est archi lent,
les serveurs un peu chiants, et chaque plat arrive avec au moins 20 minutes
d’intervalle. On ne mangera donc pas en même temps, dommage. Demain on se casse
à la campagne, manger en famille tous ensembles ET EN MÊME TEMPS ça sera
tellement mieux. J’ai une idée sur le plat que ma tente a prévu J. A demain.









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